Aussi simple que cela puisse paraître au premier abord, le stockage puis l’évacuation des urines est, en réalité, un mécanisme complexe contrôlé par le système nerveux. Le système nerveux fonctionne comme un circuit de communication entre les différents éléments urinaires et le cerveau. Ainsi cette communication permet, par exemple, lorsque la vessie est pleine, de signaler qu’il est temps de se rendre aux toilettes. Par ce réseau de communication transiteront également les informations indiquant au sphincter urinaire de se relâcher et au muscle de la vessie de se contracter pour pouvoir uriner. Puis lorsque la vessie est vide, le réseau acheminera les ordres de fermeture du sphincter et de relaxation de la vessie afin de se retrouver dans une configuration de stockage des urines sans fuites.

Lorsque ce réseau de communication présente des anomalies, le stockage et l’évacuation des urines ne fonctionnent plus normalement et le patient présente des troubles urinaires ;
- Si les anomalies portent sur la fonction de stockage, le patient souffre de besoins urgents, impérieux et trop fréquents avec d’éventuelles fuites urinaires : c’est l’incontinence par impériosité.
- Si les anomalies portent sur la fonction d’évacuation des urines, le patient ne peut plus uriner ou ne vide que partiellement sa vessie ; c’est la rétention urinaire
Certaines de ces anomalies du réseau de communication peuvent être corrigées par de faibles impulsions électriques appliquées sur les nerfs qui contrôlent la vessie grâce à la neuromodulation des racines sacrées.
Qu’est-ce que la neuromodulation des racines sacrées ?
La neuromodulation des racines sacrées utilise de faibles impulsions électriques pour stimuler un nerf situé dans le bas du dos. Ce nerf appartient au groupe des racines sacrées qui contrôlent la fonction urinaire. Cette thérapie se déroule en deux étapes : d’abord un test de stimulation qui permet de vérifier l’efficacité de la neuromodulation sur les troubles urinaires du patient ; puis, si le test est positif, l’implant définitif est proposé au patient.
Qui peut en bénéficier ?
Les patients qui présentent des troubles urinaire à type de besoins urgents ou trop fréquents, d’incontinence par impériosité ou de rétention urinaire sont habituellement traités dans un premier temps par des médicaments. Parfois ce traitement est complété par des séances de rééducation périnéale. Pour la majorité d’entre eux ces traitements seront suffisants pour restaurer le contrôle de la vessie. Pourtant, pour certains, les troubles persistent malgré les médicaments ou ceux-ci doivent être interrompus parce qu’ils sont mal tolérés : c’est à ces patients que s’adresse la neuromodulation des racines sacrées.
Comment se déroule le test de stimulation ?
Le test de stimulation consiste à placer une électrode (un fin fil métallique) à proximité d’un nerf sacré dans le bas du dos et le relier à un stimulateur externe qui va délivrer les impulsions électriques. L’implantation de l’électrode est une procédure simple réalisée sous anesthésie locale qui dure habituellement moins d’une heure. La stimulation est ressentie par le patient comme des fourmillements ou des picotements dans la région anale. Ces sensations ne doivent jamais être douloureuses c’est pourquoi le patient peut régler, lui-même, l’intensité de la stimulation. Le test dure de 3 à 7 jours avec une stimulation continue.Pendant cette période, il est demandé au patient de reprendre des activités aussi normalement que possible et de consigner dans un catalogue mictionnel tous ses évènements urinaires. D’autres examens simples peuvent aussi être réalisés pendant cette période. A l’issue du test, l’électrode est retirée et le médecin apprécie avec le patient, à partir du catalogue mictionnel, les résultats de la stimulation sur ses troubles urinaires. Si les troubles urinaires sont éliminés ou nettement améliorés pendant le test de stimulation, l’implantation du système définitif lui sera proposée. Selon les indications thérapeutiques, le médecin peut décider d’effectuer le test de neuromodulation avec l’électrode définitive. Ce geste se fait généralement sous anesthésie locale. A la fin de la période de test, si ce dernier est positif, cette électrode n’est pas retirée et sera connectée au stimulateur implantable, sous anesthésie locale également.
Qu’est-ce que l’implant permanent ?
Le système permanent comprend une électrode qui sera positionnée par voie percutanée, à proximité d’un nerf sacré. Elle sera reliée par une extension (un raccord) à un neurostimulateur implantable qui sera fixé sous la peau, soit de l’abdomen soit du haut de la fesse. C’est une intervention chirurgicale simple qui dure généralement une heure et qui reste totalement réversible. Le neurostimulateur implantable est un dispositif qui fonctionne sur le même principe qu’un pacemaker (la « pile pour le cœur »). Il va délivrer de manière continue des impulsions électriques au nerf sacré de façon à restaurer le contrôle de la vessie. Le médecin peut régler le neurostimulateur de l’extérieur grâce à la console de programmation N’Vision. Le patient lui-même possède une télécommande qui lui permet à tout moment d’arrêter ou de remettre en route son neurostimulateur.Cependant, le neurostimulateur reste généralement activé en permanence, même lorsque le patient va aux toilettes, ou lorsqu’il dort … Comme pendant le test de stimulation, le patient peut ressentir les faibles impulsions électriques comme de légers picotements ou fourmillements dans la région anale. Cependant, ces sensations ne doivent jamais être douloureuses et habituellement, elles ne sont plus ressenties au bout de quelques temps. Le neurostimulateur contient une pile qui permet de délivrer l’énergie électrique nécessaire : celle-ci, comme toute pile, va se décharger au cours du temps. Le médecin peut connaître l’état de la pile grâce à la console de programmation. Lorsqu’elle sera usée, approximativement après 7 ans, il remplacera le neurostimulateur sous anesthésie locale.
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